L'infidélité

Publié le par Free Wheel

    Le dragueur de bibliothèque, je n'avais pas connu jusqu'à aujourd'hui. Noir évidemment : heureusement qu'ils sont là et qu'ils on fait des blondes dodues aux gros nichons leur fond de commerce pour qu'une certaine proportion de Françaises se sentent encore désirables...Et jeune aussi, petite vingtaine, joli garçon...Il m'a pris pour une étudiante, ça m'a fait rire et m'a rassurée. Drague finement menée, sans lourdeurs, mais sans surprises non plus, et alors que je prenais congé j'ai dû répondre que non, on ne pouvait pas boire un verre maintenant ni chez lui ni chez moi...Pour atténuer ma sensation de culpabilité d'avoir déçu j'ai concédé mon numéro de téléphone et la proposition d'un verre en ville demain...
    Peut-être aussi pour frissonner? Je ne résiste pas à la jouissive sensation de plaire et d'être désirée par une nouvelle personne, à condition que celle ci me soit agréable bien entendu. Mais ma Haute Autorité en Moralité mène la danse dans ma tête : "Tu peux pas faire miroiter des choses que tu sais que tu ne donneras pas, c'est pas parce qu'on vit sous le régime du patriarcat qu'il faut faire payer le premier garçon qui passe! Et tu feras quoi demain s'il t'appelle, tu vas lui dire qu'il y a méprise, que tu croyais sincèrement et naïvement que c'était juste pour l'amitié entre les peuples? Et H, ton bonheur avec lui ne te suffit pas?".
    Où commence la tromperie amoureuse? Quand E niait éprouver du désir pour A-S alors que j'avais tout compris? Quand je donne mon numéro au premier dragueur?
    L'amour libre, ce serait tellement plus simple...si ce n'était pas si compliqué. Avec E les conditions intellectuelles étaient réunies, mais mon coeur ne le supportait pas...avec H c'est gérable sentimentalement pour moi, mais pour moi seulement et alors là c'est pas du jeu...
    En attendant, une dose de désir, c'est toujours ça de pris!

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