Femme de moyen âge

Publié le par Free Wheel

   Attention, Arlington Park, de Rachel Cusk c'est de la dynamite : Juliet, Amanda, Christine, Maisie, Solly ont l'air d'avoir tout pour être heureuses mais derrière la façade de leurs belles maisons de banlieue anglaise proprette, c'est l'enfer conjugal et domestique ! J'ai eu une impression d'uniformité entre toutes ces femmes vidées de grâce : l'ennui du quotidien, un rapport ambigu à leurs enfants à la fois sources de bonheur et de malheur, l'harassement d'une maison à tenir, des maris fades et distants ; et en même temps Rachel Cusk dissèque chaque femme de manière très profonde et pointue, tout ça sous la pluie grise et froide qui ne cesse pas pendant les 24 heures décrites. Au final c'est prenant et glaçant, un peu à l'inverse de Desperate Housewives car dans Arlington Park on ne rit jamais, et plutôt comme dans Les Amantes d'Elfriede Jelinek.
   Le plus triste c'est l'absence de conscience collective qui pourrait mener à la révolte : aucune n'osant se plaindre auprès des voisines devant qui il faut faire bonne figure de bonne épouse et de bonne mère, on sent que ce n'est qu'individuellement qu'elles pourront tenter de s'en sortir, au prix de l'isolement et de la solitude. Quand est-ce qu'on les renversera l'hypocrisie et le patriarcat ?


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Publié dans Debout debout!

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