Daniella

Publié le par Free Wheel

Un accéléré des derniers échanges de sms entre F et moi depuis que je lui ai dit que non, je n'étais pas disponible car pas dans une configuration sentimentale qui le permet  :
-F : "Un plan à 3 c'est possible?"
- moi : "Non, pas vraiment!"
- F "Un petit sauna vendredi, ça te tente?"
Je ne réponds plus.
- F, deux semianes plus tard : "Tu vas bien?"
- moi "Heureuse que tu prennes de mes nouvelles, je commençais à en avoir assez que tu me considères juste comme un trou à baiser. Un verre ensemble, et c'est tout, quand tu veux."
- F "D'accord mais j'ai envie de sexe"

Ppffff...Je m'oblige à ne pas répondre "Eh ben branle toi!". C'est toujours pareil, on dit non mais notre non n'est jamais écouté. C'est vite fait d'être ramenée à un trou à baiser, à un vide-couilles, à un réceptacle à sperme, à un objet disponible. Ca commence vers 4 ou 5 ans, quand le grand fils de 15 ans des amis de la famille avec qui on nous a envoyé en vacances faire du camping nous regarde nous habiller le matin ou nous accompagne dans les toilettes. Terrible sentiment d'être salie. Ca continue vers 10 ans quand notre mère nous dit d'un air impérieux et mystérieux de ne pas monter en voiture avec des messieurs, sans nous expliquer plus que ça : les hommes seraient donc bien dangereux? Nous en avons la confirmation durant toute notre année de 6ème au collège : attouchements répétés des garçons les plus grands dans les recoins de l'établissement, sur le chemin pour aller déjeuner, dans le car, et laisser-faire total de l'institution scolaire qui doit prendre ça pour des jeux d'ado garçons qui doivent en passer par là, avec leurs hormones vous comprenez, tant pis si les filles subissent. Maman ne m'avait pas mise en garde contre ceux là. Fin d'adolescence, pas facile de se situer entre l'envie d'avoir un amoureux comme beaucoup de filles de 15 ans, tout en ayant envie de rester maîtresse de l'accès à son corps...Jeune adulte ça continue, hommes aux mains lestes sur les fesses, les seins, comme on tâte des fruits avant de les acheter, inconnus dans la rue qui exigent des sourires et des baisers pour nous laisser continuer notre chemin, on accepte plutôt que se faire violer, mais qu'est-ce qu'on se sent humiliées et salies quand même...Adulte, tous ces hommes d'un soir qui se servent comme si notre corps leur était dû, comme s'il leur appartenait d'abord à eux avant d'être le notre,  tous ces hommes qui n'entendent toujours pas nos NON.

La semaine dernière j'ai vu la très belle expo de photographies de Jane Evelyn Atwood intitulée «À Contre coups » : il s'agit de portraits de femmes qui ont réussi à s'extirper de situations de violence. Parmi les portraits il y avait Lola Lafon, écrivaine et musicienne :



La plupart des viols sont commis par un proche, dans le cadre familial ou amical. Dans Une fièvre impossible à négocier Lola Lafon raconte son long chemin de croix pour essayer de se remettre de celui qu'elle a subi d'un amant/petit ami. Elle raconte la rage que ça lui a mis. Nous sommes encore trop nombreuses à subir, à considérer notre corps comme un champ de bataille.


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Publié dans Debout debout!

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M
comment tu fais pour supporter ça ?
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F
<br /> Justement c'est insupportable et ça complique beaucoup l'existence...Etre féministe ça aide quand même!...<br /> <br /> <br />