Marie douceur Marie colère

Publié le par Free Wheel

quand-les-femmes-ont-pris-la-col-re.jpgMars oblige, le mois s'ouvre sur une super programmation de documentaires sur les femmes, et même parfois féministes! Quand les femmes ont pris la colère (Soazig Chappedelaine 1977) montre le long combat d'épouses d'ouvriers accusées d'avoir séquestré le patron de l'usine. Certaines étaient militantes communistes, mais pour la plupart ça a été le baptême du feu militant : marre des salaires de misère, marre des conditions de vie moyenâgeuses, elles n'ont écouté que leur colère pour mener le combat, sans se soucier des conséquences (poursuites judiciaires), et elles ont obtenu la revalorisation des plus petits salaires de leurs époux. On sent que cette intrusion dans la lutte n'a pas forcément été bien vécue par les messieurs, notamment les plus syndycalo-moustachus d'entre eux...Parmi les protagonistes la réalisatrice suit plus particulièrement le parcours de Marylène, une révoltée qui démontre très justement que vu les conditions d'exploitation des ouvriers aucun épanouissement des couples et donc des femmes n'est possible. Elle dit tout ça très simplement, avec ses mots et les limites de son capital culturel faible comme disent les sociologues. Marylène maintenant doit avoir dans les 55-60 ans, j'espère que la vie lui a sourit.
On/je me demande souvent quand et d'où la colère m'est venue à moi...Je dois bien reconnaître que c'est bien la seule chose dont je suis fière dans mon héritage familial : valeurs de gauche et de lutte ont toujours été revendiquées.  En 1994 j'avais été hyper fière d'accompagner mon père à la grande manifestation contre la réforme de la loi Falloux (volonté gouvernementale de permettre aux collectivités territoriales de financer l'enseignement privé au-delà des 10% réglementaires) à Paris. Hélas je n'ai pas vraiment de souvenirs de décembre 1995, peut-être parce que mon lycée n'était pas très mobilisé? Par contre on avait lutté contre le CIP de Balladur l'année précédente, c'était les premières manifs auxquelles je suis allée en tant que personne "adulte", c'était très excitant. Lors du mouvement des IUT à Tours en 1997 j'ai clairement senti qu'il me manquait une certaine culture politique pour prendre part au-delà de la participation aux grèves et manifs...Et puis après je suis rentrée dans le féminisme et j'ai tout appris auprès de militant-e-s aguerri-e-s : quel merveilleux exutoire à ma colère! Faire un tract, réunir les concerné-e-s, convaincre, chanter des slogans dans le mégaphone! Aujourd'hui je sens que n'ai plus la même fougue et le même plaisir dans ces espaces de lutte...il faut dire qu'on ne sait plus quoi faire pour se faire entendre.  Enfin, quand j'ai entendu l'Internationale dans le documentaire j'ai versé ma petite larme mi-émotion mi-révolte alors je vais peut-être finir par me réveiller...

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Publié dans Debout debout!

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