Boys boys boys

Publié le par Free Wheel

Elle en a eu marre du cocon que les filles se créent entre elles pour survivre dans ce monde patriarcal. Elle, elle a choisi une autre option, elle a dit haut et fort aux boys that she was looking for a good time. Elle a dit finit la douceur, je veux l'égalité, et l'égalité c'est vivre comme un mec. Elle a dit "Maintenant je veux qu'on me pète la gueule".
Je ne sais pas comment j'ai pu passer à côté de Boys boys boys de Joy Sorman quand il est sorti en 2005 (peut-êtreà trop militer la tête dans le guidon ?), heureusement il y a eu cette super émission de radio et je me rattrape. Prix de Flore, comme Despentes, Dustan, Houellebecq et Angot. Evidemment.
Pour un 8 mars, c'est pas mal d'avoir ce roman entre les mains. C'est bien beau la théorie, du féminisme  mais au quotidien, "Où prendre sa place ? Entre le cliché originel de la femme-objet saturé de mquillage, de mini-jupe et d'allumage (retour de l'injure à l'envoyeur), l'anti qui ne sait faire ni la cuisine ni les enfants, qui crache au sol et qui vous emmerde au prix d'une grosse rancoeur sans avenir, et la femme libérée, comme dans la chanson ? Où trouver sa place ? A moins d'être dans la confusion, l'écart, le déplacement perpétuel, ni masculin, ni féminin, ni salope, ni castratrice, ni je sais faire le pot-au-feu ni je ne sais pas faire le pot-au-feu. Ce n'est pas la perte d'identité, c'est du féminisme artisanal, au jour le jour, à la main."



Le ring, c'est la vie en général, et c'est des dîners de mecs en particuliers. Elle se tape l'incruste. Elle révise avant, prépare ses tirades, pour au moins essayer d'en placer une. Mais c'est pas facile dans cet univers ou les maîtres de la parole sont entre eux (et il parait que ce sont les filles qui sont bavardes). Qu'ils aient un avis argumenté ou pas, peu importe, l'important c'est qu'ils l'ouvrent, du moment que ça sort d'une bouche masculine cette parole a du crédit. Cela m'a rappelé la permanence du syndicat et l'humiliation au quotidien de ne jamais trouver l'ouverture dans la conversation pour rajouter mon grain de sel...et que dire de mes blagues qui tombaient à plat alors que l'assemblée se tordait dès qu'une vanne sortait d'une bouche moustachue...Mais elle dans le roman elle s'accroche, même si elle est la première a rentrer chez elle au petit matin, assommée des joutes auxquelles pourtant elle n'a participé quasiment qu'en tant que spectatrice. mais "Un jour, elle sera tout à fait virile, tout à fait forte, une guerrière, dans un avenir qui n'aura plus besoin du féminisme, dans un avenir qui autorisera une fille à être dans le flux de la vie sans se faire traiter de pute. C'est quand ? C'est peut-être jamais."
Ce n'est qu'un début, continuons le combat. Debout, debout !

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Publié dans Debout debout!

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